Troubles du sommeil
Apnée du sommeil : les signes qui doivent alerter
Ronflements sonores, pauses respiratoires constatées par le conjoint, fatigue qui ne passe pas malgré une nuit complète : l’apnée du sommeil touche des millions d’adultes, et la grande majorité l’ignorent. Voici les signes à connaître et pourquoi ce trouble ne doit pas être négligé.
Qu’est-ce que l’apnée du sommeil
Le syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) se caractérise par des pauses respiratoires répétées pendant le sommeil, dues à un affaissement des tissus mous du pharynx qui obstrue temporairement les voies aériennes. Chaque pause s’accompagne d’une baisse d’oxygénation du sang et d’un micro-réveil, souvent trop bref pour être mémorisé, qui fragmente le sommeil sans que la personne concernée s’en rende compte. Il existe une forme plus rare, l’apnée centrale, où c’est le signal cérébral de respiration qui fait défaut plutôt qu’une obstruction mécanique.
Les signes qui doivent alerter
- Ronflements forts et réguliers, souvent entrecoupés de silences puis de reprises bruyantes de la respiration.
- Pauses respiratoires constatées par l’entourage — c’est souvent le conjoint qui donne l’alerte en premier.
- Réveils avec sensation d’étouffement ou de suffocation.
- Bouche sèche ou maux de tête au réveil.
- Somnolence diurne marquée, y compris dans des situations inhabituelles (au volant, en réunion).
- Difficultés de concentration et de mémoire, irritabilité.
- Besoin fréquent d’uriner la nuit (voir notre article sur les réveils nocturnes fréquents, dont l’apnée est l’une des causes principales).
Qui est le plus à risque
Certains facteurs augmentent nettement la probabilité de développer une apnée du sommeil :
- Le surpoids et l’obésité, principal facteur de risque modifiable.
- Un tour de cou important.
- Le sexe masculin (le risque féminin rejoint progressivement celui des hommes après la ménopause).
- L’âge : la prévalence augmente nettement après 50 ans.
- Certaines particularités anatomiques ORL (rétrognathie, hypertrophie des amygdales).
- La consommation d’alcool ou de sédatifs le soir, qui relâche davantage les tissus du pharynx.
- Le tabagisme et les antécédents familiaux.
Comment le diagnostic est posé
Seul un examen du sommeil permet de confirmer une apnée du sommeil : polygraphie ventilatoire à domicile ou polysomnographie en laboratoire du sommeil, prescrite par un médecin (généraliste, ORL, pneumologue ou médecin du sommeil). L’examen mesure notamment l’indice d’apnées-hypopnées (IAH), c’est-à-dire le nombre de pauses respiratoires par heure de sommeil : un IAH supérieur ou égal à 5 confirme le diagnostic, au-delà de 30 on parle de forme sévère.
Pourquoi ne pas la négliger
Au-delà de la fatigue chronique, l’apnée du sommeil non traitée est associée à un risque accru d’hypertension artérielle, de troubles cardiovasculaires et de somnolence au volant. La bonne nouvelle : c’est un trouble bien pris en charge une fois diagnostiqué, avec des traitements adaptés à la sévérité (ventilation par pression positive continue, orthèse d’avancée mandibulaire, mesures hygiéno-diététiques). La première étape reste d’en parler à son médecin dès que plusieurs signes de la liste ci-dessus sont présents.
Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas un diagnostic médical. Seul un professionnel de santé peut confirmer une apnée du sommeil et proposer un traitement adapté.
Sources
- Haute Autorité de Santé — Syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil : recommandations de prise en charge
- American Academy of Sleep Medicine (AASM) — critères diagnostiques et seuils de l’indice d’apnées-hypopnées
- Peppard, P.E. et al. — Increased Prevalence of Sleep-Disordered Breathing in Adults, American Journal of Epidemiology
- Institut National du Sommeil et de la Vigilance (INSV) — ressources sur l’apnée du sommeil
À noter : le risque d’apnée du sommeil augmente aussi après la ménopause, surtout lorsqu’elle est chirurgicale — notre article sommeil et ménopause détaille ce lien et les chiffres associés.